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Lamiaires du Monde Coleoptera Cerambycidae Lamiinae

un groupe témoin de la biodiversité à connaître et à faire connaître

Le battage

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Cette technique est efficace pour trouver des petits Lamiaires dans les amas de lianes ou encore les branches dépérissantes où il subsiste des feuilles.

Elle se pratique avec un parapluie japonais, sorte de carré d'un mètre carré de toile tendue par une armature escamotable et portable. Elle consiste à frapper avec un bâton la végétation afin de faire choir les insectes qui s'y abritent.

Lorsque des Lamiaires tombent, ils se plaquent souvent sur la toile et attendent un certain temps avant de courir. Certains sont prompts à s'envoler rapidement. D'autres font le mort et peuvent être confondus avec les débris végétaux.

Dans le Tamil Nadu en Inde méridionale, hormis les plantations d'Eucalyptus, le moindre îlot de végétation qui subsiste, est propice. Le battage des amas de liane fournit de nombreux Pterolophia, et les arbustes, une multitude d'Exocentrus et Apomecyna.

A 100 m de la sortie du village de Grand Lahou, dans le sud de la Côte d'Ivoire, j'ai obtenu dans une petite parcelle élaguée de forêt secondaire en bord de route en près d'une heure, 97 individus représentant 21 espèces différentes.

En Guyane, il est relativement facile d'obtenir au battage une centaine d'espèces différentes en deux semaines de séjour, plus de la moitié seront des Acanthocinini. Des essences végétales comme les Pausandra ou encore les plantes à latex sont très productives. De simples Cecropia en bord de route donneront Callia bicolor ou des Drycothaea, et parfois d'autres espèces plus intéressantes comme Oncioderes rondoniae.

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Cecropia au bord de la route de Kaw entre Camp Caïman et la Réserve Montrésor (Guyane en viii-2005)

Dans les Petites Antilles, les Artocarpus ou arbres à pain sont répandus et également productifs. J'ai également constaté à Cuba, en République Dominicaine et à la Martinique que les mangroves étaient intéressantes. Parmi les espèces obtenues au battage, je citerai par exemple les minuscules Cyrtinini.

La chasse à vue

De jour, cette méthode convient aux groupes aptères et à ceux qui viennent sur les troncs ou les feuillages au soleil. Pour ces derniers, un filet à papillon facilite les captures.

Quelques exemples. En France, les Dorcadion se déplacent dans les pelouses naturelles, aux heures chaudes et ensoleillées. Ils se repèrent plus facilement lorsqu'ils traversent les chemins et les petites routes. Mêmes observations pour Lamia textor et Morimus asper. Les Monochamus viennent sur les troncs de pins coupés. Les Phytoeciini et les Saperdini s'observent sur les tiges, les feuilles ou les fleurs de leur plante hôte.

En Guyane, les Hemilophini apprécient les sentiers et layons en forêt. Ils se posent sur les feuillages entre 0,5 et 2,5 m aux heures chaudes et ensoleillées. Mêmes observations pour Adesmus nigriventris en Guadeloupe.

Dans ces mêmes endroits, il pourra être vu des Acanthoderes au pied des arbres le matin, des Taeniotes posés à hauteur d'homme sur des troncs après une averse, ou encore des petits longicornes capturés par des réduves.

La chasse à vue nécessite tout de même un coup d'œil averti et un peu de chance. Couplée avec d'autres techniques de chasse active, elle est moins frustrante.

De nuit, avec une torche, les résultats sont surprenants lorsque les sites et les essences végétales ont été repérés pendant la journée. Il suffit de balayer doucement et systématiquement avec le faisceau de lumière, illustration en cours de chargement... les troncs et les branches pour découvrir des Longicornes. Certains courent sur les troncs, d'autres sont posés là tranquillement. C'est fascinant.

Par exemple, en Guyane, on trouve ainsi assez facilement des Acrocinini, des Onciderini, des Polyrhaphidini et surtout des Acanthoderini pour ne citer qu'eux.

Le fauchage

La technique consiste à faucher les graminées et les petites plantes à l'aide d'un filet renforcé.

Par exemple, en France, on obtient ainsi Calamobius filum, des Agapanthia et des Phytoeciini. En Guyane, on trouvera des Agapanthiini et des Aerenicini. Et dans les Petites Antilles, on pourra trouver Nealcidion socium.

Lamiaires du Monde - Coleoptera Cerambycidae Lamiinae